Interviews Sandrine Baghdoyan

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Interviews Sandrine Baghdoyan 


Sandrine Baghdoyan , Ingénieur de Recherche INSERM

Sandrine Baghdoyan , Ingénieur de Recherche INSERM

Responsable du groupe génomique fonctionnelle

1. Au traitement de quelle(s) pathologie(s) travaillez-vous à I-Stem ?

Nous travaillons actuellement à l'étude des mécanismes moléculaires impliqués dans la Dystrophie Myotonique de type 1 (DM1) encore appelée maladie de Steinert. Il s'agit de la plus commune des maladies neuromusculaires héréditaires chez l'adulte. La DM1 se manifeste principalement par une faiblesse musculaire associée à une myotonie, des troubles de la conduction cardiaque, une forme particulière de cataracte, une insulino-résistance et un retard mental.
Dans l'avenir, nous envisageons également de travailler sur d'autres pathologies. En effet, nous développons actuellement un savoir faire technologique de crible à haut débit par extinction ou surexpression de gène que nous souhaitons par la suite dédier à d'autre lignées humaines porteuses de la mutation causale d'une maladie monogénique.
 

2. Qu'attendez-vous précisément des cellules souches embryonnaires dans le cadre de votre programme de recherche?

Dans le cadre de nos recherches en génomique fonctionnelle, nous nous intéressons particulièrement aux lignées de cellules souches embryonnaires humaines porteuses d'une mutation causale d'une maladie. Grâce à ces lignées, nous disposons désormais de modèles cellulaires physiologiques de pathologies. Nous nous affranchissons ainsi des limites associées à d'autres modèles tels que les modèles animaux ou les lignées humaines génétiquement modifiées dans lesquelles on provoque l'expression de la pathologie.
Dans le cadre de nos recherches sur les « lignées outils » dédiées à l'étude de la différenciation cardiaque, nous disposons également grâce aux cellules souches embryonnaires humaines d'un modèle cellulaire unique pour l'étude de la différenciation cardiaque depuis la formation du mésoderme jusqu'au cardiomyocyte battant.
 

3. En quoi l'utilisation des cellules hES dans ce cadre vous paraît-elle pertinente ?

Pour chacun de nos deux programmes de recherche, les lignées de cellules souches embryonnaires humaines représentent un outil incomparable de part leur pluripotence et leur auto-renouvellement. Leur capacité à proliférer permet de produire une quantité importante de cellules nécessaires à un crible à haut débit ou la production d'un nombre important de progéniteurs cardiaques tandis que leur pluripotence leur confèrent la capacité à se différencier dans un tissus dans lequel s'exprime la pathologie étudiée et d'étudier la cardiogénèse.
 

4. Dans les 10 ans qui viennent, quels résultats pensez-vous avoir atteints ?

Dans les 10 ans à venir, nous comptons avoir identifié plusieurs cibles thérapeutiques pour la DM1 grâce à la mise en évidence de gènes capables de modifier l'expression du phénotype pathologique dans les cellules porteuses de la mutation causale de la maladie. Nous espérons ainsi que nos travaux débouchent finalement sur les développements d'un nouveau traitement dédié à la DM1.
Parallèlement, nous espérons avoir développé différentes lignées « outils » de cellules souches embryonnaires humaines qui auront permis d'optimiser la production de cellules cardiaques destinées à la greffe.


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